Anne Rice, ses sorcières et surtout Ses Vampires
 
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 Le dernier visiteur courte nouvelle terminée

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Anae
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MessageSujet: Le dernier visiteur courte nouvelle terminée   Mer 19 Avr 2006 - 12:31

moi, ma passion c'est écrire !

Voici une petite nouvelle que j'ai écrite il y a quelques mois ... A l'occas, si y en a que ça tente, je posterai mes potterfictions ....

Bonne lecture !

Le dernier visiteur

Le vieil homme marcha lentement et avec précaution, s’appuyant sur sa canne au pommeau en argent magnifiquement ouvragé. L’air se réchauffait déjà alors que le soleil venait à peine de se lever : l’été approchait à grand pas. Il soupira : bientôt, ce ne serait plus tenable … l’odeur … elle s’insinuait partout, prête à bondir à l’assaut des quelques narines qui palpitaient encore dans la ville. Il savait qu’il aurait dû partir … mais pour aller où ? Quitter la ville … encore le fallait-il : à pied ? Pour lui c’était impossible, pareil pour le vélo, il n’en aurait pas la force. Les rues, les routes étaient encombrées : la voiture ou même la moto : c’était impensable. De toute façon à soixante quinze ans, il n’allait pas commencer à en faire ! Aussi était-il resté ici. Il avait simplement changé de quartier, pour en gagner un … moins odorant, moins peuplé de fantômes. Il avait mis près d’une journée à traverser la ville. Il se souvenait de ce parc, il y venait lorsqu’il sortait avec ses petits enfants, avant la guerre. Il se souvenait des chênes centenaires, des bouleaux majestueux, des saules qui caressaient l’onde profonde du lac où s’ébattaient canards et cygnes que son petit fils aimait nourrir de morceaux de pain. Où était-il maintenant ? Sans doute en train de pourrir … au cimetière s’il avait eu la chance d’être enterré ou dans une fosse commune, à moins qu’il ne soit encore dans sa chambre … La Nouvelle Peste …Le vieil homme secoua la tête. Quelle saloperie, elle avait emporté tout le monde, ou presque … Pour ce qu’il en avait vu, il n’avait rencontré qu’une dizaine de survivants, qui erraient comme des ombres dans les rues ou qui mettaient à sac les magasins de luxe. Le vieillard rit doucement : au moins, maintenant, retraite ou pas, il pouvait tout s’offrir : il suffisait d’entrer et de se servir, même si au début, il avait hésité, reculant lorsqu’il avait déclenché une alarme en emportant quelques boîtes de conserves d’un magasin déjà saccagé. Puis les scrupules étaient partis, comme le chagrin d’avoir perdu les siens. Il avait étonné d’avoir été parmi les « Élus », ceux qui n’avaient pas été touchés par la Nouvelle Peste. De toute façon, il ne s’en préoccupait plus : pour le peu d’années qu’il lui restait à vivre… Il s’arrêta soudain, perplexe. Comment allait-il faire ? Il pourrait, pendant un certain aller se servir dans les pharmacies … mais lorsque les médicaments seront périmés, qui lui fournira son traitement pour son cœur ?
Un vent chaud vint soudain lui caresser les joues, comme pour le rassurer. La brise lui apportait aussi les effluves nauséabonds des corps en décomposition ; il en eut un haut-le-cœur. Qui sait ? La mort l’emporterait peut-être bien avant que ce problème ne se pose vraiment.
Il reprit sa marche. Chaque matin, il venait dans ce parc. Il avait découvert cette oasis de fraîcheur et de calme. Il n’y avait personne : ni vivant, ni mort … enfin aucun humain. Le vieillard, avant que ses pas ne le mènent ici, avait totalement oublié le petit zoo. Il l’avait retrouvé par hasard. La Nouvelle Peste ne l’avait pas épargné non plus : dans les enclos, la plupart des animaux y avait succombé : tous les félins, les hippopotames, les zèbres, les antilopes, les singes et le vieux rhinocéros. Mais, il eut aussi la surprise de trouver quelques bêtes encore en vie : le couple d’ours, la plupart des oiseaux, bon nombres de reptiles. Les pandas étaient morts, tout comme les otaries, les éléphants, mais ni les girafes ni les biches. Le vieil homme s’était promené dans les allées désertées. L’odeur de la mort se faisait moins sentir, ou alors il s’y habituait peu à peu. Le second jour, lorsqu’il était revenu, il avait pris sa décision : armé d’une hache à incendie, il allait délivrer les animaux qui pouvaient encore l’être. Malgré son grand âge, sa volonté avait fait entendre raison à son vieux corps perclus de rhumatismes : il avait réussi à défoncer les cages de tous les oiseaux. Les volatiles, affamés, s’étaient envolés à tire d’aile dans le grand ciel : un arc en ciel piaillant, les éclairs roses des flamants, le bleu des paons, le blanc des colombes, le rouge et bleu des aras, le vert et jaune des perruches. Le vieillard en avait presque été ému : une seule et unique larme avait coulé le long de ses joues. Il s’était ensuite attaqué à l’enclos des biches : une nouvelle fois, les animaux étaient maigres et presque morts de faim pour certains. Ils s’étaient relevés lentement et majestueusement étaient passés devant le vieillard pour aller brouter les pelouses désertes dont le vert tendre était plus que tentant. Les girafes étaient plus vives : il leur restait encore quelques feuilles vertes sur les branches, mais là encore, les bêtes furent contentes de quitter leur enclos poussiéreux pour gagner les rives du lac. Pour les ours, le vieil homme ne pouvait rien faire : enfermés dans leur fosse, il ne savait pas comment les en sortir. Il hésitait à les nourrir … Avec quoi ? En ville, l’électricité ne fonctionnait plus depuis de longues semaines : les frigos ne marchaient plus : la viande était pourrie. Il ne voulait pas donner aux deux grizzlis les cadavres des autres animaux : s’ils avaient échappé à la peste, ce serait bête qu’ils en meurent maintenant, même si de toute façon, ils étaient condamnés…
Aujourd’hui, les ours ne bougeaient plus : la femelle était couchée sous la souche d’arbre, le mâle semblait somnoler contre le béton de leur abri. Le vieillard espérait que leur agonie ne serait pas trop longue … Il leur adressa un bref et vain salut de la main, puis continua son chemin. Il se dirigeait vers son banc. Chaque jour, il venait là, s’asseoir sur ce banc en bois dont la peinture verte s’écaillait. Face à lui, un petit enclos tout en béton, là non plus, il n’avait pas réussi à en libérer les occupants. Il avait pourtant essayé, mais rien n’y faisait… La porte était trop solide. Il ne savait pas pourquoi il venait ici chaque jour … Peut-être pour s’excuser auprès des coatis… Il avait essayé de leur donner quelques fruits, mais les animaux n’en avaient pas voulu : le tas pourrissait dans un coin. Sur la dizaine de bêtes encore en vie lors de sa première visite, il n’y en avait plus qu’une. Les uns après les autres, il avait vu ces drôles de petits animaux mourir. Au début, certains fouillaient encore le sable de leur museau pointu, puis au fur et à mesure, ils se roulaient en boule, enfouissant leur museau sous leur queue rayée et touffue et ne bougeaient plus. Leurs grands yeux tristes semblaient implorer le vieil homme de les secourir, mais il ne pouvait rien faire pour eux. Il leur murmurait son impuissance, mais les coatis n’en avaient que faire : ils avait faim…
Les plus jeunes et les plus vieux étaient morts les premiers. Jamais sous les yeux de cet étrange visiteur, toujours la nuit sous la caresse rafraîchissante de la lune. Le vieil homme espérait qu’ils avaient trouvé leur paradis, là où ils étaient maintenant.
Ce matin-là, lorsqu’il retrouva sa place de guetteur sur le banc, il n’y avait plus qu’un survivant : un petit coati tout maigre, famélique, assoiffé et affamé. L’animal s’était assis, face au vieil homme. Il gardait ses yeux fixés sur cet étranger qui, chaque jour, venait là. La bête semblait lui demander pourquoi ? Pourquoi ? Mais personne n’avait la réponse ni le coati ni le vieillard.
Un bruissement se fit alors entendre dans les buissons, un majestueux cerf passa devant le vieillard et le coati, mais aucun des deux ne lui accorda un regard. Personne ne voulait être le premier à rompre ce face à face, ce duel silencieux.
Dans le ciel, le soleil était au zénith, mais ici les arbres les protégeaient des rayons ardents et de la chaleur. Ils n’en sentaient pas la morsure. Le vieil homme soupira, se frotta les yeux fatigués. Le coati, lui, ne bougeait pas ni une moustache, ni un poil ne frétillait, c’était à peine si on voyait les mouvements de sa respiration. Pourtant, il était encore en vie.
Soudain, mû par un quelconque instinct, l’animal se leva, fit quelques pas en titubant et vint se poster comme une sentinelle sur un rocher, le seul et unique de l’enclos. Il se dressait fièrement sur la pierre blanchie et poussiéreuse. Il avait toujours son regard interrogateur et accusateur dardé sur le vieillard. L’animal n’avait à aucun moment jeté un coup d’œil aux cadavres de ses semblables, il fixait simplement ce dernier visiteur qui passait ses journées face à lui.
Dans le ciel, les nuages prenaient des teintes mauves et orangées. Le soleil descendait lentement, dans une heure ou deux, fatigué, il irait se coucher dans les bras de la Terre. Un vent frais venait de se lever et portait avec lui l’odeur, soudain plus forte, de la mort jusque dans les moindres recoins du parc.
Le coati releva un peu plus la tête. Ses grands yeux noisette se fermèrent soudain. L’animal tomba lourdement à terre, soulevant un petit nuage de poussière. La Mort venait enfin de délivrer la pauvre bête.
Le vieillard se leva aussitôt, s’approcha du grillage de l’enclos et regarda une dernière fois le coati.
Il fit demi-tour, ne se retourna pas une seule fois. Il franchit pour la dernière fois les grilles du zoo puis disparut dans le parc.


pour ceux qui connaissent pas le coati ...


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Nerwenn
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MessageSujet: Re: Le dernier visiteur courte nouvelle terminée   Jeu 20 Avr 2006 - 14:32

Ce que c'est triste... Mais c'est aussi très bien écrit. Je ne suis pas critique littéraire, mais j'ai bien aimé. Wink
Comment t'es venue l'idée de cette nouvelle ?
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Suzie (Dark Vador)
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MessageSujet: Re: Le dernier visiteur courte nouvelle terminée   Ven 21 Avr 2006 - 11:07

Depuis le temps qu'on me disait de partout que tu écrivais bien et que j'avais rien lu parce que les potterfictions c'est pas mon truc... Je suis pas déçue. Very Happy
J'ai trouvé ça vraiment très bien écrit ... C'est triste mais ça fait réfléchir, on est vraiment dans l'histoire et tout ... On a du mal à rire après ça.

N'hésite pas à en poster d'autres quand tu veux ^^

_________________
pfff trop fièèèère
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Anae
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MessageSujet: Re: Le dernier visiteur courte nouvelle terminée   Sam 22 Avr 2006 - 5:06

Merci merci ..

alors pour vous répondre ...

L'idée, je sais pas trop comment elle est venue ... Ca arrive souvent sans prévenir, alors j'écris ... j'ai dû mettre une p'tite demi-heure pour écrire ce texte ... Je sais que je me suis un peu inspiré de Stephen King et de son Fléau quand il est question des animaux de Central Park qui meurent eux aussi ...

Pour mes autres textes, hors HP ... faudrait que je cherche à fond car outre les 6 nouvelles qui sont éditées - celles là, j'ai plus le droit de les mettre sur le net - je sais pas trop s'ils m'en restent ...
J'ai pas mal mis d'energie dans mes potterfictions et mes romans ...

Par contre, je vais poster 2 textes : deux versions de la même histoire : Némésia ou la Dame grise : la version HP et la version que je pensais mettre dans un recueil de nouvelles, donc non HP !

En tout cas, merci merci bizjoue
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