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 Némésia ou la Dame Grise, nouvelle version non HP

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Anae
Âme errante
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MessageSujet: Némésia ou la Dame Grise, nouvelle version non HP   Sam 22 Avr 2006 - 5:10

Voilà le nouveau texte de la même nouvelle, sans allusion aucune à l'univers d'Harry Potter, je l'avais réécrite (il faut encore que je la recorrige) dans le cas où elle serait publiée et pour répondre à des concours de nouvelles ... Mais je n'ai jamais eu le temps de l'envoyer ...

Némésia ou la Dame Grise


Dans l’ancienne Écosse, une riche famille de châtelains, les Lellwyn, régnait sur un petit bout de lande, battue à longueur d’année par des vents froids. La terre était aride et vallonnée, parsemée de nombreux petits lochs aux eaux insondables et glacées qui gardaient jalousement leurs secrets.
Les Lellwyn était une ancienne famille de nobles qui veillaient sur les habitants de leurs terres. Chaque jour, ils venaient en aide aux plus démunis : il y avait toujours un bol de soupe pour les gamins affamés, une couverture chaude pour affronter les nuits hivernales. La vieille baronne, Lady Brandwen n’avait pas son pareil pour soigner les maux de leurs gens, elle connaissait toutes les plantes qui poussaient sur la lande et savait laquelle utiliser en décoction pour soulager les maladies. Malgré les conditions de vie très rudes, les paysans, les villageois qui vivaient sur les terres des Lellwyn étaient plutôt satisfaits de leur sort, pour rien au monde, ils ne seraient partis de ce coin de terre sauvage. Les châtelains étaient généreux avec eux.
La grande fierté du baron et de sa femme était leur fille, Némésia, alors âgée de 16 ans. Elle était d’une grande beauté, un peu éthérée : elle avait de très très longs cheveux d’un blond pâle presque blanc. Ses yeux gris lui donnaient un regard si doux qu’il en était mélancolique. Elle était grande et mince, et portait le plus souvent de longues robes de la même couleur que ses yeux qui mettaient en valeur ses formes parfaites.
Ses parents l’avaient envoyée au loin, dans une célèbre école qui accueillait tous les jeunes gens d’Écosse et comme elle ne rentrait que très rarement chez elle, ses parents se faisaient une joie de la retrouver à chaque vacances : c’était alors le prétexte à de somptueuses fêtes qui duraient trois jours et trois nuits.
La jeune fille était en 6ème année, elle était travailleuse et sérieuse. Comme sa mère, elle connaissait toutes les vertus des plantes et mettait ses connaissances au service des autres. Elle était toujours prête à aider son prochain et ses parents se réjouissaient de la voir suivre leur exemple. Ils trouvaient tout à fait normal d’aider du mieux qu’ils le pouvaient ceux qui étaient dans le besoin, et malheureusement, cet état d’esprit ne se retrouvait pas dans toutes les familles de nobles de la région : les plus proches châtelains des Lellwyn, les Mac Thanos, dénigraient au plus haut point les paysans et trouvaient dégradant de perdre leur temps en venant en aide à ces moins que rien. Ils avaient un fils du même âge que Némésia, qui lui aussi faisait ses études dans la même école que Némésia. Desmont était un grand gaillard, très musclé, aux épaules larges. Ses cheveux étaient aussi noirs que la nuit et ses yeux noisette brillaient d’une étrange lueur malfaisante, comme si à chaque instant, il préparait un mauvais coup.
Ces deux jeunes gens se connaissaient assez bien mais Némésia n’aimait pas trop la compagnie de Desmont, car ses idées lui déplaisaient grandement ; pourtant lorsqu’ils se rencontraient dans les couloirs du collège ou sur la lande pendant leurs vacances, Némésia ne pouvait s’empêcher de saluer le jeune garçon et tentait en vain de faire évoluer sa mentalité.
Desmont quant à lui était tiraillé entre deux sentiments : son mépris pour Némésia en raison de son amour pour les pauvres et la fascination qu’elle exerçait sur lui. Lorsqu’il croisait son regard si doux, il se sentait devenir un autre … il aurait fait n’importe quoi pour qu’elle lui adresse un de ses si rares mais exquis sourires : il aurait pu aller défier à mains nues un dragon, se battre contre dix aurochs … Son cœur battait la chamade à chaque fois qu’il apercevait sa silhouette enchanteresse. Cependant, pas une seule seconde, il ne laissait percevoir l’amour qu’il ressentait pour la jeune femme. Némésia ne se doutait de rien.
Les vacances d’été venaient d’arriver et comme chaque année, les parents de Némésia donnèrent une grande fête dans leur château : tous leurs gens y furent conviés ainsi que les grandes familles de la région : nobles et paysans se mélangeaient le temps des réjouissances. Même les Mac Thanos ne pouvaient refuser cette invitation, ils se rendaient au château des Lellwyn, mais restaient dans un coin sombre de la Grande Salle, les lèvres pincées, le regard dédaigneux pour tous ces pauvres, bien souvent d’autres barons ou comtes fiers de leurs nobles origines se joignaient à eux.
Cette soirée-là, Desmont fit quelque chose qu’il n’avait encore jamais fait auparavant : il se mêla à la foule bigarrée, se fraya un chemin jusqu’à Némésia qui, pour l’occasion, avait revêtu une superbe robe couleur argent qui brillait comme la lune au cœur des plus noires ténèbres. Némésia se vit avec stupéfaction proposer une danse ; elle regarda fixement Desmont et voyant que celui-ci était très sérieux, elle accepta avec un timide sourire. Desmont entraîna sa cavalière dans une folle farandole, son cœur battait la chamade alors qu’il serrait tout contre lui Némésia. Trop rapidement, la musique s’arrêta, et Desmont dût libérer Némésia de l’étreinte de ses bras. Elle disparut dans un frou-frou de voiles après lui avoir adressé un bref remerciement. Intrigué par cette fuite soudaine, Desmont partit à sa recherche, il se perdit dans les couloirs obscurs du château, il croisa un vieux fantôme, rabroua un serviteur qui le frôla. Il fouilla toute l’aile nord du château, en vain. De dépit, il donna un coup de pied dans une vieille armure rouillée qui moisissait dans un coin avant de quitter cette partie du château. Il retourna dans le hall d’entrée, emplis de murmures et de rires : une bande de gamins crasseux était assis aux pieds d’un vieux chevalier dont la seule mission désormais était de veiller sur les marmots. Il racontait d’antiques légendes de dragons et de preux chevaliers les pourfendant. Desmont s’approcha du vieux soldat et l’apostropha.
- Messire Chevalier, lui demanda-t-il d’un ton hautain, je recherche la belle Némésia, l’auriez-vous vu passer par le plus grand des hasards ?
Interloqué, le chevalier lâcha son épée et regarda Desmont, il fit une courte révérence :
- Par ma foi, Monseigneur, je ne puis vous répondre, je narrais les exploits des Grands qui nous ont précédés, des Batailles d’autrefois.
- Pffffffffffff, s’exclama une voix aigrelette.
Une vieille femme toute ridée, qui se tenait dans coin sombre, près d’une tapisserie, fit les gros yeux.
- Les Batailles d’autrefois … on aura tout vu … de simples querelles de paysans … Par contre, je peux vous renseigner, Monseigneur. La damoiselle est sortie dans la cour…
Elle ne put finir sa phrase, Desmont se rua dehors. La nuit était noire, la lune ne parvenait à chasser les ténèbres. Le vent glacial gémissait et pleurait.
Desmont entendit des murmures, il se dirigea vers eux : il vit une silhouette grise : c’était Némésia, il allait la rejoindre quand il suspendit ses pas : Némésia n’était pas seule, elle était dans les bras d’un autre. Il se cacha derrière un muret, bien décidé à découvrir l’identité de son rival. Il bouillonnait de rage, il avait sorti sa dague et la serrait si fort qu’elle semblait prête à se briser en deux. Le temps passait, Desmont était insensible au froid, sa haine brûlait comme un incendie qui ne pouvait être maîtrisé. Les pensées se bousculaient dans sa tête :
- Comment un autre peut-il oser l’aimer, alors qu’elle est à moi, alors que je l’aime plus que tout. Il va me le payer. Et elle, elle sera à moi à jamais…
Némésia finit par se dégager de l’étreinte de son ami et disparut rapidement, alertée par des voix dans la cour. Pendant un instant, un gros nuage cacha la lune et la cour fut plongée dans le noir, que l’éclat de l’astre pâle rejaillit de nouveau, Desmont découvrit avec stupeur l’identité de celui qui lui avait volé le cœur de sa belle : Tristan un fils de forgeron, un grand brun aux yeux d’un bleu aussi pur que les eaux du lac, qui faisait ses études dans le même collège, jusqu’à maintenant ce moins que rien lui était apparu comme insignifiant, mais là, Desmont sentit une haine encore plus violente l’envahir. Comment, un pauvre, sans noblesse de surcroît pouvait-il oser poser, ne serait-ce, qu’un regard sur Némésia. Un simple paysan, fils de forgeron !! L’affront suprême ! Il allait laver cet affront immédiatement et dans le sang !
Desmont sortit de sa cachette et s’avança, le regard haineux, droit sur son adversaire. Tristan ne vit rien venir : un éclair argenté le frappa de plein fouet, il s’écroula à terre sans un cri ; Desmont se pencha sur le corps inanimé de Tristan et pour brouiller les pistes, il s’acharna avec son poignard sur le corps du jeune sorcier, le sang coulait à flot et bientôt, Desmont en fut couvert des pieds à la tête. Voyant que son ennemi était définitivement vaincu, Desmont se releva, tenta d’essuyer en vain le sang qui maculait ses mains et son pourpoint. Il courut vers l’écurie, sans bruit pour ne pas réveiller le palefrenier qui dormait, il prit son cheval et s’enfuit au galop dans l’obscurité.
Le corps de Tristan ne fut découvert qu’au petit matin, un frisson de dégoût parcourut l’assemblée quand la nouvelle fut connue. Némésia en apprenant la mort de celui qu’elle aime, tomba inanimée sur le sol froid de la grande salle.
Elle se réveilla quelques heures plus tard, quelqu’un l’avait portée dans ses appartements. La lumière du soleil jouait gaiement sur les tentures qui égayaient la pièce, Némésia gémit en se remémorant la nouvelle qui venait de briser son cœur. Elle se leva avec peine, les yeux brouillés de larmes. Elle s’approcha d’un grand coffre et l’ouvrit, elle sortit diverses robes et finit par se saisir d’un petit miroir en argent. Elle s’assit à même le sol, dans un chaud rayon de soleil qui pourtant ne pouvait réchauffer son cœur meurtri. Elle murmura quelques incantations, tapota le miroir : la surface se troubla comme l’eau du lac lorsque le gracieux cygne prend son envol. Soudain une scène s’anima sous ses yeux remplis de larmes : elle vit en détail la mort de son bien-aimé. Un cri de rage sortit de sa gorge lorsqu’elle découvrit l’identité du meurtrier. De colère, de douleur, elle lança le miroir qui alla se fracasser contre le mur et éclata en mille larmes brillantes.
Némésia prit une feuille de parchemin, une plume et commença à écrire une missive tachée de larmes. Elle cacheta sa lettre et la confia à sa servante qui venait d’arriver, en lui demandant d’aller la porter au plus vite et dans le plus grand secret. Elle disparut aussitôt.

Némésia ne quittait pas sa chambre, écrasée par le chagrin. L’été passait, et ses parents désemparés ne savaient que faire pour rendre le sourire à leur fille. Septembre apporta les premières feuilles mortes et Némésia, plus morte que vive, reprit le chemin de son collège. Elle n’était plus l’ombre que d’elle-même, n’assistant plus à aucun cours, elle erra sans but dans les couloirs que Tristan avait empruntés, cherchant la trace d’un souvenir depuis longtemps disparu.
Une nuit hivernale de Décembre, la mort vient l’envelopper dans ses bras glacés. Némésia accepta l’étreinte de la mort, pensant pouvoir oublier à jamais ses peines, mais même le repos éternel lui fut refusé : son âme y aspirait, mais son cœur, lui, voulait rester dans ces lieux où il avait trouvé le bonheur.
Depuis ce jour, Némésia hante les couloirs de l’école, son cœur est toujours prêt à aider son prochain et les années passant, Némésia devint un guide pour les élèves qui la surnommèrent affectueusement la Dame Grise.
Le meurtrier de Tristan vécut de longues années, il devint un baron puissant et redouté qui semait la mort et la désolation autour de lui, parmi ses ennemis et les paysans qui refusaient de se soumettre à sa loi.
Lorsque l’heure de sa mort arriva, il ne put trouver le repos. Il resta sur cette terre, silhouette fantomatique, couverte de sang. Maudit par la lettre de Némésia, il erre désormais entre le monde des vivants et des morts.
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Nerwenn
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MessageSujet: Re: Némésia ou la Dame Grise, nouvelle version non HP   Sam 22 Avr 2006 - 12:05

Tout comme l'autre version, j'aime beaucoup. Tu as bien transformé l'histoire pour gommer les références à Harry Potter et à la magie, tout ça très habilement !
Bravo !
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Suzie (Dark Vador)
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MessageSujet: Re: Némésia ou la Dame Grise, nouvelle version non HP   Sam 22 Avr 2006 - 16:52

Hihihi je vais aussi lire la version HP... Je vois assez bien le tableau...
Bon dans tout les cas j'ai beaucoup aimé...

Y a juste un p'tit truc ... Laughing
Citation :
Ils avaient un fils du même âge que Némésia, qui lui aussi faisait ses études dans la même école que Némésia.
je suppose qu'à la base ça donnait "faisait ses études à Poudlard" mais là du coup ça fait un peu répétition Laughing

_________________
pfff trop fièèèère
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MessageSujet: Re: Némésia ou la Dame Grise, nouvelle version non HP   

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